« Je ne suis pas sûr qu’il soit possible d’être exceptionnel sans être un peu anormal aussi. »

     De nombreux artistes extrêmement talentueux, tels Charles Baudelaire ou Vincent Van Gogh, sont connus pour avoir flirter avec la folie (ou bien pour être complètement fou). Ainsi, génie est souvent synonyme de folie et vise versa. C’est cette thématique que nous propose d’aborder Benjamin Wood dans sont premier roman, Le complexe d’Eden Bellwether, centré sur le personnage éponyme, organiste virtuose,  et sont petit groupe d’amis, étudiants au King’s College de Cambridge.

Résumé : Cambridge, de nos jours. Au détour d’une allée du campus, Oscar est attiré par la puissance de l’orgue et des chants provenant de la chapelle de King’s College. Subjugué malgré lui, il ne peut maîtriser un sentiment d’extase. Premier rouage de l’engrenage. Dans l’assemblée, une jeune femme capte sont attention. Iris n’est autre que la sœur de l’organiste virtuose, Eden Bellwether, dont la passion exclusive pour la musique baroque s’accompagne d’étranges conceptions sur son usage hypnotique…

L’avis de la P’tite Poucette : 

     Les personnages et leur complexité sont des éléments essentiels à la qualité de l’oeuvre. Je me suis de suite attachée à Oscar, aide-soignant et seule personne « normale » dans ce monde d’étudiants surdoués, de musiciens virtuoses et de doctorants qu’est la ville universitaire de Cambridge. Il apporte un véritable vent de fraîcheur : c’est un jeune homme ordinaire, qui n’a pas forcément eu la chance de poursuivre ses rêves mais qui ne s’en plaint pas pour autant. Il est droit, intègre sans pour autant tomber dans le cliché du héro grand, beau et fort. Non, simplement quelqu’un comme vous et moi. En contre pied total (on pourrait presque parler de Némésis si leur relation n’était pas si ambiguë), vient Eden, personnage éponyme à la personnalité trouble. Il est tout à la fois fascinant par son génie et son intelligence, et effrayant par ses actes. Même si parfois il m’a perturbé, j’ai été captivé par sa personnalité. On l’adore et le hait tout à la fois. Et puis il y a tous les autres : Iris (la soeur d’Eden), par qui tout commence; Marcus, Yin, Jane formant la « petite bande » qui suis les Bellwether; le Dr Paulsen & Herbert Crest… Tous on leur propre personnalité, jamais tout à fait noire ou tout à fait blanche. L’auteur réussi à ne pas prendre partis, nous laissant juger par nous même.

     A travers ces personnages, M.Benjamin Wood aborde de nombreux thèmes relevant de la psychiatrie tel que le rapprochement entre folie/génie ou bien encore le complexe de Dieu. J’ai trouvé ses explications très claires, complètes (pour se que je peux en juger en tant que néophyte) sans pour autant nous noyer sous les informations. Il introduit aussi des théories médicales sur la musique thérapeutique ou l’hypnose toujours avec simplicité. Ce sont ces passages où il développe ces théories scientifiques qui permettent à ce thriller de prendre toute sa consistance et l’empêche de tomber dans la banalité avec un sujet trop souvent rebattu.

Cette simplicité dans les explications est sûrement du au style d’écriture de l’auteur, tout en limpidité. Il ne cherche pas de grandes phrases : il utilise des figures de style simples mais originales, courtes mais piquantes. Grâce à cela, il restitue une atmosphère très anglaise, entre la brume de Cambridge et les colleges. Les différentes ambiances se démarquent tour à tour et symbolisent les différents stades dans les relations, entre tout ce petit monde. J’ai vraiment trouvé cela très, très réussi et j’ai été charmé par l’univers qu’a construit Benjamin Wood.

C’est là un chef d’oeuvre que signe B. Wood et un véritable coup de cœur pour moi !

« Ma théorie est que l’espoir est une forme de folie. Une folie bénigne, certes, mais une folie tout de même. En tant que superstition irrationnelle, miroirs brisés et compagnie, l’espoir ne se fonde sur aucune espèce de logique, ce n’est qu’un optimisme débridé dont le seul fondement est la foi en des phénomènes qui échappent à notre contrôle. »

 Auteur : Benjamin Wood
Edition : Zulma
Année d’édition : 2014
Nombre de pages : 499
Prix : 23, 50 €

Retrouvez-moi sur mon nouveau blog : Isabeau de Bellevue

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